Solido sous Majorette
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On assiste en 1984 à la remise en fabrication de références militaires pour la commémoration du débarquement en Normandie. Présentés, et donc vendus, comme une série limitée en boîtes individuelles ou en coffret, les modèles n'apportent pas de nouveauté, outres de nouveaux décors, mais ils comportent bien la gravure d'une mention "6 juin 44/84" sur les châssis. Ajoutons que les engins allemands n'étaient plus en «gris Panzer» à cette époque. Ce lot est suivi d'une commémoration de la libération de Paris consacrée à la fameuse Citroën 15cv, avec deux voitures des FFI.

Solido réédite encore des militaires l'année suivante, en deux coffrets et douze modèles, avec une "Opération Collection". Sans thème défini, elle permet surtout à la Solido SA de relancer la production en reprenant une partie de ces modèles de 1985 directement sur son catalogue en 1986, dans des boîtes quasi identiques mais à un prix plus abordable.

Bertrand Azéma ajoute, sur ces deux séries, que le surplus fut distribué ultérieurement dans les boîtes courantes, ce qui peut indubitablement tromper les collectionneurs. D’ailleurs, à partir de cette date, les références ne seront que très rarement mises à jour sur les châssis.

Le catalogue de 1986 laisse une impression mitigée. On y découvre essentiellement des rééditions, que la présence de deux figurines en plastique peintes ne rend pas plus attrayantes. Pour réduire le nombre de pièces à assembler, les modèles subissent des simplifications (disparition des portes ouvrantes et des suspensions, jantes toutes identiques, etc.). Et ce ne sont pas la peinture et l'assemblage qui rehaussent le niveau général de ce "come-back".

On découvre pourtant la Citroën C4F déclinée en trois versions, dont une inédite puisque issue de chez Verem. Solido produit aussi le VAB 4x4 et un VAB lance-missiles - dont la tourelle UTM-800 sera présentée sur tous les catalogues tournée vers l'arrière avec ses tubes Hot inversés, sauf en 1994. Cette année-là, Solido crée pour les TonerGam un dameur de piste avec de nouvelles chenilles en plastique. Fort heureusement, le militaire en reste aux chenilles en Zamac.

En 1987, la politique semble être la même. A part quelques variantes en camouflage désert, on découvre l'introduction des véhicules des Nations Unies (à la peinture blanche), d'une nouvelle voiture au 1/43 issue de "l'Age d'Or" (la Chevrolet) et d'une remorque à quatre roues. L'introduction de la Citroën Traction Avant dans la gamme militaire, et la parution tardive du Jagdpanther en version "neige" sont d'autres atouts. Le Tigre perd l'extrémité de son canon, sans doute suite à une détérioration du moule.

Le fabricant propose heureusement cette année-là un camion GMC torpédo CCKW353, à châssis long avec plateau à ridelles bâché. Les capotes en plastique sont, bien sûr, amovibles comme auparavant. Bien réalisé, si l'on excepte les jantes et l'oubli du pare-brise, ce camion, longtemps attendu par les collectionneurs de Solido, comble le vide laissé par la disparition des modèles de chez Dinky. Un grand classique du genre qui sort parallèlement sous TonerGam en dépanneuse, laissant envisagé d'emblée d'innombrables variantes afin de rentabiliser les moules. Il servira aussi de base à des "nouveautés" de la part d'artisans comme CJD, Metz-Miniatures ou Gaso-Line.

L'année 1988 reste dans la même veine avec un tout nouveau camion polyvalent (l'Unimog de Mercedes), une camionnette Dodge Pick-up militarisée, et une Land-Rover 109 dotée d'une roue de secours sur son capot. Les chars gagnent un AMX-10 pourvu de la tourelle Hot équipant normalement le VAB, et l'on savoure déjà le GMC avec une cabine tôlée et vitrée. La politique de simplification nous sert, dans un bien triste coffret, une réédition du tout dernier des canons, mais cette fois sans son mécanisme de tir à ressort.

Pour 1989, Solido propose une Chrysler Windsor HQ au 1/43, réellement disproportionnée par rapport aux camions au 1/50, mais aussi un Dodge 4x4 WC54. Le Half-Track et le Kaiser Jeep reçoivent des accessoires qui ne sont que des pièces récupérées sur des modèles TonerGam. En mai, une nouvelle tourelle nous donne enfin le char britannique "Général Grant", incontournable mais réclamé par les collectionneurs depuis une décennie.

Pour marquer l'anniversaire du débarquement, Solido distribue par ailleurs un gros coffret "Overlord 89" de douze modèles, vendus sur socle surbaissé sous des boîtes vitrines en plastique. Les châssis portent la gravure de la mention "44/89". On y remarque une belle Packard Sedan, récupérée bien évidemment dans les modèles "Age d'or", ainsi que des GMC équipés d'une circulaire pour mitrailleuse lourde ou du compresseur "Leroi", hélas produit en plastique injecté.

Comparé à l'année précédente, le millésime 1990 est décevant, avec pour seules nouveautés une variante Shelter ambulance de l'Unimog, et l'inévitable GMC Lot-7. Ce dernier est le nom de la version militaire de la dépanneuse avec une potence et un palan à l'arrière, un équipement finement reproduit mais inexplicablement réservé jusqu'ici à la seule gamme des Pompiers.

Malgré la tentative de moderniser son logo, Solido n'apporte pas grand chose sur les étagères des collectionneurs du militaire en 1991. Une imposante Cadillac issue de l'Age d'Or est la seule nouveauté digne de ce titre. On remarque de nouveaux accessoires, dont des mitrailleuses Vickers très fines, sur la nouvelle Jeep SAS.

Année de crise, le début de 1992 laisse pourtant de l'espoir aux amateurs de nouveautés. Solido s'efforce de coller à l'actualité avec des variantes sable de son VAB et de son AMX10P, dont le moule subit une retouche et y perd ses personnages. Par contre, sur ses deux nouveaux Sherman (Dozer et Egyptien), la firme ne s'embarrasse pas de réalisme. Signalons cependant que pour réaliser ces modèles, le canon de l'AMX-13 est modifié pour la troisième fois, et que le châssis du Sherman est entamé pour accepter la pelle du Dozer ; les moulages actuels en portent encore la cicatrice.

L'évènement de l'année reste cependant l'AMX-30B2, avec lequel le vieux châssis erroné de l'AMX-30 reçoit une tourelle neuve, plus fidèle si l'on oublie que sa mitrailleuse est encore la 12,7 de vieux Patton. Un compromis un peu frustrant, qui clôture cette période fortement marquée par la politique commerciale du fondateur de Majorette, Emile Véron.

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