40 ans d'histoire d'une entreprise
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La gamme militaire trouve son origine au cours de l'année 1960 : l’entreprise de jouets Solido est alors installée à Ivry-la-Bataille en Normandie, dans une ancienne usine hydroélectrique construite sur l'Eure. Son siège social se trouve au 59 rue du Maréchal Foch, à Versailles (78). La firme est dirigée par Charlotte, Jean et Colette, les trois enfants du fondateur Ferdinand de Vazeilles (1889-1984).

Depuis 1932, Solido propose des "jouets à transformations", sortes de kits à assembler soi-même, fabriqués en Zamac - un alliage de zinc injecté sous pression. Les véhicules sont propulsés par des moteurs à ressorts. Ce ne sont pas encore des reproductions au sens propre du terme. Ferdinand de Vazeilles cède en 1953 la production à son fils, Jean René. En 1957, Jean de Vazeilles opte pour le "tout monté" dans ses nouvelles gammes de miniatures, répliques exactes d'engins existants. Solido innove avec des suspensions sur les voitures à l'échelle 1/43. Le public découvre ses modèles dans un catalogue annuel illustré, comme les boîtes d'emballage, par les dessins de Jean Blanche. Par Solijouets SA, Solido travaille en collaboration avec d'autres entreprises comme Dalia, à Barcelone en Espagne, mais aussi Tekno ou Mebetoys.

Devant le succès des modèles réduits militaires de la firme concurrente, Dinky Toys, il est décidé de lancer une nouvelle série sur ce thème à l'échelle 1/50 (les modèles iront en fait du 1/45 au 1/55). Fidèle à sa politique, Solido ne s'engage dans un domaine déjà fortement occupé par la concurrence qu'avec l'assurance d'y être original. Le bureau d'étude met donc au point un procédé de fabrication de chenilles articulées en Zamac, dont la demande de brevet est déposée le 20/12/61 (n°1.316.631).

1961-1979

Durant cette période de gloire, les modèles militaires sont non seulement rarement exclus de la production, mais aussi récupérés ou repris dans d'autres collections. Les nouveautés viennent s'ajouter aux précédentes références sous la série 200. Le nombre de modèles proposés sur le catalogue augmente donc chaque année. De deux modèles en 1961, la production passe à vingt modèles en 1967 pour atteindre plus de cinquante références militaires disponibles en 1975. A un rythme aussi régulier, Solido aurait dépassé les cent pièces au début des années 90... On trouve pourtant des traces d'une certaine standardisation, pour simplifier la fabrication et réduire les coûts (pièces en plastiques identiques, pièces en Zamac communes à plusieurs véhicules).

La période 1973/74 marque un tournant dans l'histoire de Solido. A l'étroit dans le vieux bâtiment d'Ivry-la-Bataille, l'entreprise inaugure à proximité immédiate (Oulins en Eure et Loire) une nouvelle usine réservée au départ à la fabrication. Mais c'est aussi dans un contexte de crise économique, où certaines entreprises de fabrication de jouets cessent leur activité (comme Dinky Toys-France ou Dalia), que les membres de la famille De Vazeilles cèdent Solido au groupe "Le jouet Français", avant d'en quitter tour à tour la direction en 1977 et 1978. Le siège social est alors transféré au 24 rue de Paradis à Paris.

A une gestion déplorable, les financiers qui détiennent "Le Jouet Français" (Jouef, Delacoste & Cie, etc.) ajoutent même la création d'une S.A Heller-Solido, après le départ de Léo Jahiel. Fin 1980, la société, administrée par le britannique Thomas Sebestyen, est en liquidation. Le 08/05/81, l'union "Le jouet français" est admis au bénéfice du règlement judiciaire. La branche "Solido" est reprise en juillet par l'entreprise Majorette, et cédée à une "S.A Solido" le 10/02/82, conservant ainsi son nom. La production continue effectivement, mais dans des conditions différentes.

Fondée en 1961 par Emile Véron, Majorette est en passe de devenir le premier fabricant français de voitures miniatures. Située à Caluire et Rillieux-la-Pape, près de Lyon, la firme est administrée par son président Emile Véron (56 ans ; il travaillait auparavant pour son frère Joseph, fondateur des "Jouets de Norev", l'autre grande firme lyonnaise de voitures miniatures), son épouse Marie-Louise et leur fils Alexandre. Le grand public est une cible privilégiée pour Emile Véron : les prix de ventes doivent rester compétitifs.

Restructurée, et gérée pour sa commercialisation en France par Majorette Distribution SA, Solido SA adopte de nouvelles méthodes, avec une rentabilisation maximale des investissements par diminution des coûts de fabrication. Les effectifs sont réduits ; le nombre d'employés sur le site d'Oulins tombe à une centaine seulement, mais la sous-traitance s'accroît (l’assemblage se fait dans des prisons). La distribution passe maintenant par le réseau des grossistes, et Solido bénéficie de la logistique de Majorette (les hypermarchés). A la fin des années 80, Solido sera officiellement représentée en Italie, en Allemagne (RFA), en Angleterre, et même aux Etats-Unis à Miami, où Majorette s'établie en 1982.

1986-1992

Après une attente de près de sept années, il est possible de redécouvrir des nouveautés dans la gamme militaire, répartie en deux timides séries (Collection I & II) d'une douzaine de modèles chacune, partiellement renouvelés chaque année. A chaque collection correspond désormais un prix unique. Les nouveautés ne sont souvent que de simples adaptations de modèles issus d'autres séries (l'Age d'Or ou TonerGam). Le manque d'ambition, de soins et de finition de la production, un problème lié à l'absence de contrôle de qualité, vont finir par décevoir les vrais collectionneurs. Si Solido relève la tête avec ses petites voitures et sa nouvelle gamme à l'échelle 1/18, force est de constater que les militaires ne bénéficient pas du même regain d'innovations.

Après une formidable phase de croissance (doublement du capital et acquisition d'une usine délocalisée en Thaïlande en 1988), la société Majorette SA se retrouve en faillite. Déclarée en cessation de paiement et mise en redressement judiciaire le 26/11/92, elle est rachetée par le groupe Idéal Loisirs (38, Rue Léon à Paris). On constate alors juridiquement la cessation d'activité le 01/05/93 de la Solido SA, suite à un plan de cession à la "Société Nouvelle Solido", immatriculée à Dreux le 20/07/93 et commercialisée par la SN Majodis (Rillieux-la-Pape) à compter du 25/01/94. L'histoire semble s'être répétée...

Et une fois de plus, la gamme militaire fait les frais de ces événements avec une interruption brutale qui marque la fin de la "seconde période". Mais cette fois, les modèles ne disparaissent pas complètement puisqu'on en retrouve un petit nombre sur le catalogue Verem. Fondée en 1984, Verem SA est une petite filiale (une dizaine de personnes) dont le siège est désormais localisé à Bueil (Eure), à quelques kilomètres seulement d'Oulins. Cette nouvelle production se caractérise d'abord par des rééditions, puis en 1994 par l'introduction de la résine dans la collection.

1993-2000

Le transfert des militaires chez Verem marque le début d'un renouveau. Même si la gamme militaire ne retrouve pas les innovations de la période initiale, elle va reprendre la place qui lui est due. Beaucoup de variantes ne reposent simplement que sur un nouveau jeu de décalcomanies, ou l'application d'un camouflage. Il n'y a donc que peu de réelles nouveautés, et les vieux moules accusent une fatigue certaine. Mais le nombre des modèles proposés sous diverses références, ainsi que sous la bannière de Solido, croît chaque année. L'emploi de la résine chez Verem (en sous-traitance) permet de proposer des évolutions qui se démarquent ostensiblement du monde du jouet. En 1994/95, c'est le début de la collaboration avec Stretton Models, installé dans le village de Church Stretton, dans la campagne du Shrophire en Angleterre (Sandford Avenue, puis Stone Acton Road).

La Société Nouvelle Majorette n'en est pas pour autant sortie d'affaire. La direction d'Idéal Loisirs (Bernard Farkas, Pierre Sourdive) ne parvient pas à relancer l'entreprise et empêcher de nouveaux licenciements. En janvier 1996, Triumph-Adler AG reprend Idéal Loisirs-Majorette-Solido, devenant ainsi le second groupe européen de l'industrie du jouet. Cette reprise par TA Spiel & Freizeit GmbH, basée à Nuremberg (Allemagne) et présentée comme une "holding de PME", achève de bouleverser la constitution des conseils d'administrations de Majorette et Solido, où l'on retrouve en 1997 Cornelia Sailer comme Président, Richard Mamez en tant que Directeur Général, ainsi qu'un représentant de la Tectro Spielwaren GmbH, Petra Wibbe.

La SN Solido augmente son capital social (286 000F) suite à la fusion avec Verem le 30/12/96. Le chiffre d'affaire de Majorette est en hausse depuis 1997, et annonce un retour à un résultat positif en 1998. Un succès obtenu par une réorganisation et de nouveaux produits ; sept millions sont ainsi investis en 1998 dans le site d'Oulins, conforté dans la fabrication destinée aux collectionneurs. A la fin du XXème siècle, Majorette Toys (plus de 40% du marché français) cherche à conquérir, non sans difficultés, le vaste marché américain. Il est vrai que plus de la moitié du chiffre d'affaire des jouets Majorette provient des exportations.

Retrouvant une certaine autonomie, Solido s'implante largement en Chine (sous-traitance) et acquiert, en 2000, d'anciens moules de l'entreprise Juguetes Mira SA d'Alicante (Espagne). Pourtant, c'est au fabricant jurassien Smoby que Triumph-Adler revend Solido et Majorette en 2003. Il est donc permis de rêver que, longtemps encore, les camions aux couleurs de Solido quitteront le site d'Oulins, chargés de "merveilleuses miniatures".

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