La concurrence ibérique
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Un lien subtil semble rapprocher depuis toujours l'histoire de Solido à la péninsule ibérique.

Il y a bien sur l'alliance précoce avec la Fundicion Dalia SA, antérieure à la bougie Gergovia, le premier jouet de Ferdinand de Vazeilles. L'usine de Barcelone fabriqua entre autre les anciens canons de Solido, et ce, jusqu'au début des années 70 et la cessation de sa production de "Juguetes de calidad". La marque Dalia possédait ses propres moules dans ce domaine, proposant à la vente dans les années 60 des jouets militaires que l'on ne retrouve pas chez Solido (canons, scooters et autre triporteurs au 1/32). Elle importait aussi les modèles de la série 200 mais sans aucune modification locale, contrairement aux voitures de la série 100.

Canon Dalia
Un canon fabriqué
par Dalia en 1962

Plus récemment, Solido fit fabriquer des voitures au 1/43 au Portugal, et racheta une partie des moules au 1/18 de Mira, une entreprise du pôle d'Alicante bien connue sur le marché américain.

Mais à côté de ces faits officiellement établis, il est possible de trouver d'autres points communs dans la production espagnole des années 70, dont les modèles militaires sont les acteurs principaux.

Le plus surprenant reste le Tigre-1 de chez Pilen SA portant la référence 700. D'une remarquable finesse de gravure, à la tourelle rotative et au canon mobile, ce char en métal bénéficie surtout de chenilles articulées en Zamac, réalisées suivant les principes du brevet déposé par Solido. Si elles semblent être moins fonctionnelles, le réducteur industriel a poussé le soin apporté au train de roulement jusqu'à dissimuler le bouterollage de ses axes. L'échelle réduite au 1/65 éloigne définitivement cette belle pièce de la collection décrite sur MSV. 

Chenilles Pilen
Tigre en Zamac Pilen
Boîte Pilen

Le procédé est un peu moins élégant sur les modèles au 1/48 de PlayMe, d'une qualité de reproduction plus approximative. Les chenilles du Tigre Solido furent résolument copiées par cette fameuse fonderie de Valencia, pour une courte série de chars en métal de sa fabrication, avec tourelle pivotante et canon lance-fléchette. Les roues en plastique sont différentes des Solido, mais identiques sur toutes les références du fabricant espagnol. La chenille elle-même est constituée par l'assemblage de deux éléments en Zamac chromés à 27 patins, ces derniers étant légèrement plus petits que sur le moule original.

601 : Tigre II

602 : Panther

603 : Centurion

604 : MBT-70

Centurion PLAYME

Chenilles Solido et PlayMe
En haut : la chenille Solido
En bas : la chenille PlayMe

Ce panorama des contrefaçons continue avec la marque CLIM, visiblement inspirée par le modèle Solido pour son propre char Patton, gros jouet téléguidé lanceur de fléchettes à ventouses, réalisé en plastique et en tôle (Réf. T209) : la silhouette et le marquage sont semblables. Quand à l'origine normande des chenilles, elle ne fait aussi aucun doute encore une fois, si l'on omet bien sur leur taille et leur matière (photos ci-dessous). La fabrique espagnole ne s'est d'ailleurs pas contentée de produire ce seul engin avec ce système de roulement (un Tigre-1 par exemple). Aujourd’hui, de tels objets peuvent tenter les collectionneurs de la marque française pour l'anecdote.

Tank CLIM Chenilles en plastique

Chenilles en plastique CLIM

Le fait que la France et l'Espagne soient voisines par les Pyrénées expliquerait toutes ces flagrantes récupérations. L'une des raisons serait aussi la grande qualité des jouets militaires sortis du bureau d'étude d'Ivry-la-Bataille, un savoir faire qui ne pouvait que tenter la concurrence étrangère.

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