Programme 2004 : Premier bilan
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En cette période de rentrée, dresser un premier bilan de la production militaire chez Solido et Verem pour l’année 2004 s’avère judicieux, avant d’envisager l’avenir.

Ce bilan est dans l’ensemble positif. Au cours du premier semestre, les salons confirment le dynamisme des entreprises Solido et Majorette. Le programme 2004 est bien accueilli par la presse spécialisée. Une bonne impression que ne doit pas ternir une nouvelle identité commerciale « Majorette Solido » un peu surprenante, et le départ de Richard Mamez. Cerise sur le gâteau, l’ouverture d’un vrai site web officiel vient combler un grand vide après huit années d’attente.

Le retour en force des chars, principalement avec les T34 Verem, fait de cette collection 2004 une année exceptionnelle. Etrangement, l’entreprise n’a pas su profiter des commémorations du 60ème anniversaire de la libération, hormis la tentative de VPC par Verem, sur des produits soignés, mais dès lors inaccessibles aux plus jeunes.

La production pour Hachette se poursuit sans trop de modifications tangibles de son contenu depuis la révision de février dernier. La Land-Rover pick-up bâchée et la Jeep avec un très beau canon de 106 sont des variantes non annoncées bien agréables. N’oublions pas également que c’est à Stéphane Ferrard et son équipe que l’on doit, entre autre, le retour de l’ACMAT 6X6. La prolongation jusqu’à 120 numéros est déjà acquise et devrait garantir d’autres surprises l’année prochaine.

Les nouveautés en détails :

Plus de photos des modèles
Des photos des nouveaux modèles

Les collectionneurs du militaire sont choyés par le Club Solido, avec pas moins de deux modèles : une AML-60 en camouflage désert et une sorte de kit de la Jeep, lors de l’opération annuelle de porte ouverte. Un bel effort à saluer, et qui devrait se prolonger en 2005.

Le PZ-IV avec tourelle blindée chez Verem n’est que la première étape d’une conversion très demandée, puisque des tabliers de blindage existent également pour les chenilles, et devraient bientôt voir le jour chez Verem.

Le GBC Lot-7 en camouflage désert est assez beau et mérite bien de faire la couverture du catalogue Verem.

Le Sherman Calliope ne déçoit pas. Le modèle Verem est soigné et la rampe lance-fusée est mobile et bien détaillée (moulage en plastique à monter soi-même sur la tourelle). Les premiers modèles commercialisés ont souffert d’un problème technique, regrettable à ce prix là, mais il est vrai que le percement précis des trous de fixation sur la tourelle représentait déjà une difficulté sérieuse sur les transkits en résine. Le fait de découvrir un tel équipement fabriqué industriellement est en soi inespéré, et ouvre de grandes perspectives.

Le char Somua V9038 semble avoir été fait avec un stock constitué à l’époque du modèle pour Hachette : il en conserve le masque du canon monté à l’envers (les modèles Verem semblent souvent produits en même temps que les séries pour Hachette). Sa peinture est pourtant soignée, comme sur le char SU-100 en trois tons (V9035), directement influencé par le travail de Bryan Evans.

Nous avions demandé à Solido, il y a plus de 15 ans, de produire un PZ-IV F1 aux couleurs de l’Afrikakorps. Le voici enfin paru, ce qui démontre que la patience est le meilleur atout d’un collectionneur.

Tout miniaturophiliste tendance kaki ne peut que se réjouir de l’acquisition de la Peugeot D4A disponible chez Verem en version transport du personnel au 1/43, bien qu'un nombre très restreint de Peugeot D4 fut effectivement militarisé par l’armée française.

L'équipement du Marmon des camps d'aviation est convenable. La véracité du Dodge avec canot est, par contre, sujette à caution. Trop anecdotiques, les nouveaux accessoires de la vieille remorque Bantam (en fait, une seule pièce en plastique représentant avec beaucoup de détails un moteur, des jerricans et une trousse à outils) ne motivent pas à eux seuls l’achat d’une Jeep Willys supplémentaire.

Le Peugeot P4

Si dans la version civile distribuée en première, le P4 dénote un peu, les versions militaires sont absolument indispensables. La finition semble des plus traditionnelles pour une miniature militaire, et certains affirmeront que l’application d’une peinture unique (le kaki) ne met pas en valeur un modèle exposé en vitrine. Mais tout est correctement reproduit : le châssis et le tableau de bord sont détaillés, le jerrican est rapporté, le rendu de surface des sièges est correct. Les portes sont coulées en Zamac, mais imitent la toile. C’est le même traitement que pour les bâches qui a été appliqué ici : la gravure est faite en creusant le moule à l’acide à partir d’une trame photosensible en cuivre (un procédé nommé « insoler »). On imagine ce que donnerait une finition "Made in China" sur ce produit.

Les lignes sont bien rendues au 1/43, car les moyens les plus modernes ont été employés pour sa réalisation, garantissant l’exactitude de ses dimensions générales. La création d’une nouvelle miniature passe aujourd’hui par une phase de digitalisation de la véritable voiture, au moyen d’un rayon laser qui permet d’obtenir, sur ordinateur, un nuage de points en 3D de ses formes extérieures et intérieures, aux proportions exactes. Ces données sont traitées pour permettre la fabrication du moule à l’échelle choisie, selon les normes de production propres à Solido. Ce travail est actuellement confié à Alvip Concept, une entreprise fondée par deux anciens du bureau d’étude de Majorette et installée dans l’Ain.

Ce Peugeot P4 mérite de connaître une belle carrière, surtout que des variantes sont aisément envisageables.

Les nouveaux camions militaires

Un coup de chapeau pour le Berliet GBC dans sa version grue très réaliste. Le plateau est moulé tout en Zamac, et le système de levage est quasiment complet. Ce modèle se retrouvera sans doute chez Tonergam. C’est ce qui justifie probablement le soin particulier qui a été apporté à la qualité de ce nouvel outillage, réutilisable sur d’autres châssis.

Un autre modèle convaincant pourrait être le Renault 180, avec sa toute nouvelle cabine. Il hérite, hélas, de certains des défauts du Berliet GBC8KT dont il reprend le châssis et la caisse. On constate encore l'absence des feux et du pare-choc à l’arrière ou la hauteur exagérée de sa bâche. La conception par ordinateur est évidente, mais le niveau de détail s’avère suffisant. Il est à noter qu’avec ce véhicule, Solido fait une nette incursion dans l’équipement militaire du siècle nouveau.

Le canon de 20mm sur le TRM2000 est une pièce remarquablement délicate, qui restreint son usage aux seuls collectionneurs. Il est encore plus contrariant avec cette variante que ce modèle de camion soit reproduit à l’échelle du 1/55.

L’AMX-30B2 Brenus

Alors que les nouveaux modèles sont habituellement satisfaisants, les variantes sur des bases existantes sont trop souvent décevantes. Le "Brenus" infirme cette règle.

Solido persévère dans la modernisation de sa base AMX-30, vieille de quatre décennies. Sa nouvelle version, dotée du blindage réactif Brenus, est assez réussie. Elle conserve, certes, la caisse inadéquate d’un modèle de présérie, ainsi que l’ancienne mitrailleuse de 12,7mm sur le tourelleau TOP-7. Autant d’anachronismes qui, pour un puriste, éloignent cette miniature de la réplique parfaite. Que des contraintes techniques puissent empêcher de placer de nouveaux accessoires sur le canon devrait par contre être mieux compréhensible. La pose des briques additionnelles est donc suffisamment convaincante, et les nacelles sur la tourelle sont fines et du plus bel effet.

Une version chez Verem avec un camouflage trois tons OTAN est évidemment attendue avec impatience. Comme dans la réalité, l’AMX-30 Brenus n’est là que pour faire patienter en attendant le Leclerc…

L’AMX-30D : trop approximatif pour convaincre

Seul bémol à ce concert de louanges, l’AMX-30 dépanneur, disponible sur le catalogue Solido et paru chez Hachette cet été. Le modèle est collectivement critiqué. Solido devrait revoir sa copie, entorse à la réputation de fidélité de la marque.

L’opportunité de réaliser un AMX-30D directement à partir de la caisse du lance-Pluton était tentante, mais ce choix ne pouvait être acceptable qu’assujetti d’un formidable effort de « maquillage » pour rendre crédible cet AMX dépanneur. Pour cela, six pièces en plastique ont été ajoutées pour reconstituer la pelle avant, le tourelleau TOP-7, et les coffres à l’arrière. Les moules d’origine ont aussi été retouchés pour accepter ce nouvel outillage.

Six nouvelles pièces, c’est probablement beaucoup pour Solido, mais c’est encore trop peu pour dissimuler les flagrantes disparités entre le lance-Pluton et l’AMX-30D. Inévitablement, la miniature est décevante. Evidemment, la pilule serait mieux passée si le dépanneur avait été livré avec un plus grand nombre d’équipements caractéristiques : le treuil à l’avant, un petit projecteur inséré dans le premier trou d’antenne, un moteur de rechange sur la plage de transport, et surtout, une nouvelle grue en Zamac conforme à la vraie. Solido aurait donc pu faire sensiblement mieux. 

Il est incontestable que le surcoût de ces pièces supplémentaires aurait pesé dans le budget de fabrication de cette conversion. Or, le but premier d’une entreprise est de dégager un excédent financier. On peut néanmoins se demander à qui se destine ce produit, trop fragile pour le grand public que Solido affirme cibler, et trop frustrant pour les collectionneurs qui recherchent l’exactitude sur leurs miniatures. Précisons que la conception d’un moule coûte trois fois moins cher qu’il y a 15 ans grâce à la sous-traitance pratiquée en Chine.

Des nouveautés chez Verem VPC

Verem VPC continue sa collection de véhicules du 60ème anniversaire, à la présentation esthétique, et de nouvelles figurines bien sculptées sont maintenant fournies avec. Quatre nouvelles références sont disponibles pour l’automne. Dans un futur proche, la marque pourrait davantage miser sur ses activités VPC pour sa gamme de modèles militaires, dans l’espoir plausible de toucher un large public qui reste à découvrir.

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A lire sur le même sujet : l’analyse du Sherman Dozer.

Juin 2004 : parution du T34/76 de Verem

Ce n’est pas sans émotion que l’on découvre un char T34 estampillé Solido dans une vitrine d’un salon du jouet.

Fin 1973, Jean Blanche insérait, de son propre chef, un dessin du T34/85 dans le nouveau catalogue Solido. Son souhait est aujourd’hui réalisé. 30 ans après l’effet d’annonce imprévue du dessinateur facétieux, voici donc le char tant rêvé.

Les T34 de Verem arrivent sans doute tardivement sur un marché de la miniature saturé de reproductions de ces engins, et ce à toutes les échelles courantes. Quelques années auparavant, Solido était assuré d’un succès international considérable. Les atouts des modèles français se trouvent dans leur prix abordable et les fameuses chenilles articulées en métal. Ce ne sont peut-être pas les plus belles pièces de collection actuellement disponibles, néanmoins, c’est la première caisse de char que Solido conçoit depuis plus de 26 ans. Ne boudons pas notre plaisir. Depuis 1978, il n’avait été conçu pour les blindés que des tourelles et des accessoires en plastique, au réalisme parfois douteux. Cette fois-ci, à l’exception de la réutilisation du châssis bien au point du vieux SU-100 (référence 208) - ce qui permet l’économie substantielle d’un train de roulement - c’est bien un nouveau char que Verem met en vente.

Découvrir le T34/76 de Verem devrait être un événement pour tout aficionados de la marque. Il est superbe, malgré un budget que l’on sait limité. Verem cède à la mode du modèle "sali comme un vrai", mais de manière raisonnable. Le moule est finement détaillé, avec plusieurs pièces rapportées. La tourelle du T34/85 est encore mieux reproduite (lire l’encadré). Bravo Verem !

Comparaison des tourelles de T34/85

Les photos ci-dessous permettent de faire une comparaison visuelle entre la tourelle en résine du T34/85 de chez Gaso.Line et celle en métal du futur modèle Verem. La marque Gaso.Line est reconnue pour son aptitude à rendre des détails exacts sur ces moulages. Ce comparatif démontre que l’outillage Verem parvient à reproduire cette finition, malgré toutes les contraintes inhérentes à une production industrielle du Zamac. Du bel ouvrage.


Verem à gauche - Gaso.Line à droite

A suivre dans :
Année 2004 : conclusions et perspectives

Un grand remerciement à tous ceux qui, de par leurs photographies,
 ont contribué à illustrer cet article, et particulièrement à M.Olivier Saint Lot.
Copyright Lenours 

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