La production sous Verem
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En 1988, le Directeur général de Verem, Michel Gatin, introduit une gamme en plastique à l'échelle HO (1/87), fabriquée en sous-traitance en Chine.
Proposés de 1989 à 1992, des modèles militaires originaux voient le jour dans ce contexte (HO4007 : Chevrolet US, HO5007 : Mercedes Unimog, HO5017 : Unimog sanitaire). Par ailleurs, la filiale produit déjà des véhicules de la Gendarmerie Nationale depuis plusieurs années lorsqu'en 1992, il est décidé de transférer la production des militaires de Solido chez Verem.

Les fameux militaires font donc leur apparition en troisième page du mince catalogue 1993 de la marque. Douze modèles sont répartis sous "Les blindés" et "La logistique", reconnaissables par des chenilles teintées et des boîtes vertes. Ne sont proposés que trois variantes et des rééditions, à un tarif plus élevé ! S'ajoute à cette première offre, un coffret reprenant le contenu du "coffret B" Solido de 1985.

L'année suivante, s'ajoute un second coffret "La Force Armée" avec un nouveau tracteur semi-remorque Renault à cabine basculante, toujours associé cependant à la remorque Coder. Le nombre des modèles proposés dans les séries précitées passe à vingt, parmi lesquels on compte la réédition du Saviem au 1/60, dans une nouvelle version bâchée Renault G230, et le Half-track dépanneuse créé par la marque en 1986. Verem doit prématurément cesser la production des camions d'ACMAT, pourtant promis à un bel avenir. Seule une version pompier est conservée.

On remarque la naissance de l'éphémère série "Force de la paix", véhicules des "Nations Unis" en livrée blanche, héritière des variantes Solido de la décennie précédente. Une commémoration du cinquantième anniversaire du débarquement en Normandie nous livre aussi deux chars sur socle bois dont le métal a été spécialement traité pour produire un effet "vieil argent". Une finition qui n'est pas l'œuvre de l'usine de Bueil, qui se charge par contre de modèles pour JFD et Solido-Toys.

L'événement de l'année reste pourtant le GMC amphibie DUKW, perdu sous l'hétéroclite étiquette "Mondial Intervention" et vendu à un tarif double du prix normal. Le véhicule n'est pas en Zamac mais en résine, d'une qualité correcte de moulage et de finitions, honnêtement comparable avec son fameux ancêtre Dinky Toys. Pour certains collectionneurs, ce genre de négoce entre Verem et des spécialistes extérieurs n'est qu'une régression qui ternit l'image de la marque. Pour d'autres, cela s'apparente à une mutation salvatrice, beaucoup reprochant un manque d'indépendance vis à vis des outillages Solido.

Le catalogue 1995 regroupe pratiquement toute la production militaire sur les pages centrales, ce qui s'avère plus rationnel comme présentation. Verem y confirme le soin apporté à la peinture des modèles (camouflage fait à l'aérographe dans des CAT) et son choix de l'emploi de la résine avec la présentation d'une Land Rover 110, d'un atelier roulant sur la base du camion GMC et du futur White Scout Car, toujours sous "Mondial Intervention". Parmi des rééditions, le fabriquant dévoile une cuisine roulante, autre réminiscence des Dinky, et un camion citerne très quelconque sur la base du Saviem/Renault au 1/60.

En 1996, une nouvelle série "VLM" permet la réutilisation en militarisé d'autres modèles en Zamac à l'échelle 1/43, dont le Volkswagen Combi vitré et la Range Rover. Les modèles en résine accueillent dans leur rang une Peugeot 403 sanitaire et un Dodge WC53 en version vitrée. A la fin de l'année, à titre d'essai, Verem fait distribuer sous son nom quatre nouveaux modèles modifiés par l'atelier britannique Stretton Models.

L'année 1997 reste la date où cette collaboration avec Stretton Models est officialisée, avec pas moins de quatorze véhicules repris sur le catalogue (références SMxx). La distribution se fait dans de nouvelles boîtes en carton "Tank Museum". Faits main avec des pièces en résine ou Métal Blanc, ces véhicules conservent évidemment une base Solido, dont le châssis obligatoirement. Sur certains, on ne trouve qu'un accessoire en plus (un projecteur, un canon ou des jupes de protection latérales) et sur d'autres une nouvelle tourelle (M36B1) ou une casemate de remplacement (Stug-IV). La troisième catégorie de variante ne conserve que le seul châssis (SturmTiger ou M32).

Avec ces apports artisanaux, Solido/Verem change de cap. L'aspect du modèle est généralement soigné pour justifier un prix plus de trois fois supérieur à la production standard. La fabrication est pourtant loin d'offrir les qualités des modèles en tout Zamac (déformation de la résine, pièces mécaniques peu fonctionnelles). La présence d'un Tigre modifié, reconnu comme unique dans l'histoire et injustement dénommé BergeTiger, demeure un choix plutôt surprenant, et les Schürzen ne sont pas particulièrement "esthétiques".

Le reste de la production, outre des variations de décors aisées à réaliser, révèle une C4F à plateau et un camion Renault Grue, hélas au 1/60.

En 1998, la production française change d'appellation sur toutes les gammes (Militaire de 1 à 5) incluant du même coup les hélicoptères pour la première fois. Les modèles en résine voient l'arrivée de deux nouveaux camions GMC (un double citerne et un nouvel atelier), d'une Peugeot 203 sanitaire et de deux nouveaux Dodge 4x4. L'offre de voitures en Zamac au 1/43 s'étoffe également de la Peugeot 504 Dangel rehaussée et de la Renault 4L vitrée. Les chars retrouvent le PT-76 lance fusée mais dont le mécanisme n'est plus utilisable, ce qui interdit de positionner correctement le missile sur sa rampe ! Un canon de 105 mm pour le Sherman représente la première modification Made in Solido faite en Zamac sur un chenillé depuis 1992.

La collection des Stretton Models devient simplement le "Tank Museum". A côté des classiques du genre (M36b2 et StukaVoss), on trouve encore des modèles surprenants, comme le projet allemand Coelian et le prototype KubelBlitz. L'imitation de la Zimmerit sur le Stug-IV est une erreur indéniable.

En 1999, un modèle auparavant proposé au catalogue par l'atelier Stretton devient un modèle standard (le Half-Track à tourelle). Pour éviter des confusions, les références sont maintenant précédées par un "V" symbolique. La frontière qui existait entre les productions de la SN Solido et celles de Verem tend sensiblement à disparaître, suite à l'absorption de 1996. Ainsi, la nouvelle Méhari en plastique fait déjà son apparition dans une version sanitaire. Les variantes proposées proviennent comme d'habitude d'autres séries (la Peugeot 203). Un nouveau petit Renault Sinpar et une Peugeot 403 Pick-up sont fabriqués en résine. Le Tank Museum délivre un char SU122 plutôt bâclé sur la base du SU100, et deux PZ-IV pour la Flak allemande. Mais ces deux derniers subiront de regrettables modifications en cours de parution. Le blindé M8, surmoulé sur son ancêtre en Zamac (le Combat Car M20) est loin de retrouver sa superbe.

L'an 2000 reste dans la veine des deux années précédentes, avec le lot classique de rééditions et un Destroyer avec un toit de tourelle. On ne découvre que trois nouveaux modèles au catalogue pour le Tank Museum, alors que la production des Sandford Models regorge pourtant d'innombrables pièces (Prime Mover sur base Sherman, T34 sur base SU-100, PZ-IV avec jupes de blindage, etc.). En effet, l'atelier anglais conçoit beaucoup plus de modèles que la division Verem en achète pour son catalogue. Le marché français est ainsi négligé puisque des séries limitées, pourtant distribuées sous le nom Verem mais donc non officielles, sont réservées pour l'exportation. Le problème semble être que la nouvelle direction privilégie de plus en plus les seuls blindés allemands. Par ailleurs, le prix du produit Stretton a presque doublé en quatre ans, et les ventes finissent par en souffrir.

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